Basoko est une localité de 22.436 km2 située en rive droite du fleuve Congo à mi-chemin entre Bumba et Kisangani. Située dans le district de la Tshopo (Province Orientale), Basoko compte environ 300 000 habitants.
Le 20 avril dernier, plus de 250 cas de diarrhée liquide et sanglante ont été signalés à Basoko. Le Pool d’Urgence Congo (PUC) était parti faire une mission exploratoire pendant une semaine pour voir s’il faut intervenir et surtout quels sont les besoins les plus urgents.
Arrivée sur place, l’équipe a enregistré 285 cas de diarrhée liquide et 9 décès, 83 cas de diarrhée sanglante et 1 décès. Le PUC a également fait une donation de kit diarrhées liquide et sanglante.
Depuis le lundi 26 avril dernier, l’équipe est rentrée à Kisangani, mais l’évaluation continue. 11 échantillons sont envoyés à l’INRB (Institut National de Recherche Biologique) à Kinshasa pour analyse.
PUC congo
Depuis quelques semaines, nouveau programme de malnutrition aiguë pour les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes et allaitantes dans le bidonville de Kamrangirchar.
Situé à la périphérie de Dhaka, capitale du Bangladesh, Kamrangirchar est entouré par les eaux du Buriganga. La population y est très dense, on parle de plus de 150 000 habitants. Elle se fond dans une multitude de ruelles bordées par des maisons, taules, building ou encore des cabanes en bambou sut pilotis. De petites usines et petits commerces font rythmer l’activité économique. C’est aussi une des zones où les déchets de la ville y sont triés et recyclés. Et parmi toute cette vie, la grande majorité de ses habitants vit dans des conditions très précaires. Quittant les campagnes pour y trouver ressources et travail, beaucoup de Bengalis arrivent à Kamrangirchar, y trouvent un petit espace où ils s’installent comme ils peuvent en se protégeant par des taules et des bambous…. Read more…
Sophie bangladesh, infirmier, malnutrition
Mon travail dans les camps avance relativement bien. On a ouvert les toilettes dans trois camps. Normalement lundi on fait les formations pour les 4 derniers en matinée. J’ai même pu commencer le suivi… C’est là qu’en général on réalise que même si les personnes qui étaient à la formation ont bien compris et appliquent bien toutes les règles, ce sont les autres absents à la formation qui ne respectent rien. On doit donc souvent planifier de revenir pour réexpliquer le tout.
Là, j’ai rendu visite au comité du camp de parc poussière pour le suivi. Les toilettes sont impeccables ! Je suis allée jusqu’à me demander si les gens les utilisaient. Il s’avère qu’on a un taux d’utilisation de près de 40% ce qui n’est vraiment pas mal pour un début. Par compte, peu de respect du matériel… (3 latrines cassées sur 10). On a mis au point tout un petit questionnaire pour voir qui y va et pourquoi, où vont les autres, si le garde et le nettoyeur sont en place, … Normalement, la gestion des toilettes se fait sur base communautaire. Moi, je donne un coup de main « logistique » aux comités : planning, matériel, … Mais à terme, mon but, c’est qu’ils prennent la relève. Bien s’organiser dans les camps, c’est le début de la reconstruction d’Haïti. Je fais tout pour limiter la relation de dépendance envers MSF. Il doivent en théorie trouver dans le camps 4 personnes par jour pour le gardiennage bénévole et la même chose pour le nettoyage.
Vendredi je suis allée assister à la séance de kiné de Winchelle. Elle commence à remarcher. C’est assez émouvant. Elle est très gracieuse avec ses béquilles.
Delphine Haïti, promotrice de la santé
A propos d’enfant, il m’est arrivé une histoire qui je pense restera à jamais dans mes souvenirs. Jeudi, on a commencé le déménagement des patients des tentes vers le hangar. C’est une structure gigantesque en béton avec tôles ondulées comme toit, d’environ 5000 m² je pense. On a tous mis la main à la pâte. On courait partout emmenant les patients, les lits, leurs affaires personnelles, les bébés quand les mamans avaient des béquilles, bref la méga effervescence ! A un moment je m’arrête 5 minutes pour souffler et je remarque une fillette d’une dizaine d’années : Winchelle. Elle est en chaise roulante et ne sait pas encore se resservir de ses jambes. Je ne connais pas son dossier médical, mais les kinés travaillent beaucoup avec elle donc j’ai bon espoir. Elle m’accoste et me dit « j’ai peur ». Ca, ça vous glace le sang ! Je me mets donc à sa hauteur histoire de discuter un peu. On se présente l’une à l’autre, et puis, elle m’explique qu’elle ne sait pas encore où est son nouvel emplacement, mais qu’elle a terriblement peur de dormir à l’intérieur et particulièrement à côté des murs. Il faut savoir qu’en Haïti, toutes les propriétés sont entourées de murs qui servent aussi accessoirement d’espace publicitaire. Lors du tremblement de terre, beaucoup de personnes qui étaient à l’extérieur, se sont réfugiées contre ces mur se croyant protégées. Il y a eu énormément de morts aux alentours de ces murs une fois qu’ils se sont effondrés.
Je me lance donc dans une savante explication sur la résistance des matériaux en lui montrant la tôle et lui confirmant que c’est relativement léger comme matériaux. Le tout avec une solide touche d’humour, de tact et de psychologie. La peur est un sentiment tout à fait normal quand on voit ce qu’ils ont traversé. Même moi, l’idée de dormir dans du dur au début ne m’enchantait pas énormément quand je voyais les dégâts aux alentours. Maintenant, c’est passé. Bref, je me suis transformée en expert sismique en lui faisant un cocktail de toutes les infos que j’avais pu lire sur la question. Après, elle m’a expliqué que sa maman (chaque patient a normalement un accompagnateur) avait peur des rats. Il y en a pas mal, avec mon collègue logisticien, c’est notre boulot de les faire disparaître. Je lui ai donc expliqué que s’il y avait autant de blancs avec des T-Shirt MSF, c’était pour une bonne raison. On a été envoyé pour tous les manger, mais c’est un secret ! Elle a adoré, et après, elle m’a regardé avec ses grands yeux et ses magnifiques dents et a sorti la phrase qui m’a fait monter les larmes aux yeux : « Tu m’as enlevé ma peur ». Je ne sais pas si j’arrive à faire passer toutes mes émotions par écrit, mais c’était très fort comme moment. Je crois que… Je l’aime tout simplement. Maintenant, je vais régulièrement la voir. C’est moi qui lui ai montré sa nouvelle place dans le hangar et… Elle est très loin des murs. On s’est arrangé pour qu’elle soit avec ses petites copines avec qui elle partageait la tente. Bref, une super belle histoire !
Delphine enfants, Haïti, promotrice de la santé, séisme
Ca y est, plus qu’un jour et c’est le week-end ! Je devrais insister sur le « Le » car c’est l’unique jour de week-end. Il est vraiment mérité..
Ca fait 15 jours que les écoles sont rouvertes. Ca, c’est vraiment une bonne nouvelle. Beaucoup de bâtiments se sont effondrés, et beaucoup de professeur sont morts. Elles sont donc ouvertes dans la mesure du possible. L’Unicef a beaucoup aidé je pense, en donnant du matériel, des locaux, … C’est mignon car les petits partent à l’école en uniforme. Ils sont adorables. Chaque école a sa couleur et les petites filles portent dans leurs cheveux des rubans assortis aux couleurs de l’uniforme. Ca m’a mis du baume au cœur. Je vois tellement d’enfants qui n’ont pas accès à l’éducation et qui n’y auront peut-être jamais accès que quand il y en a qui sont en bonne voie, ça me fait plaisir.
Delphine education, Haïti, promotrice de la santé
Pas facile de faire de la promotion de la santé dans les camps ici!
En gros, mon travail dans les camps n’avance pas beaucoup. Une fois c’est impossible à cause des inondations, une fois parce que les gens n’en ont que faire de la promotion de la santé vu qu’ils attendent les distributions de tentes, une fois deux comités ne parviennent pas à se mettre d’accord sur la gestion commune des latrines, une fois on me dit : « oui, oui, venez, on vous attend pour la formation », j’arrive et il n’y a presque personne… Le maître mot, c’est de rester zen ! Aujourd’hui par exemple, j’avais rendez-vous à parc Original, un des camps de la zone Duvivier. Il est géré par deux comités que j’ai pris soin de rencontrer hier pour leur expliquer toute la stratégie. Ils étaient supposés se mettre d’accord sur un mode de gestion communautaire des latrines. Résultat, quand on est arrivé pour la formation, ils étaient toujours en train de discuter qui allait gérer les latrines : on est reparti !
Delphine Haïti, promotrice de la santé
Après presque 3 mois dans le projet à Kangaba, je me suis éclipsée une petite semaine en vacances pour explorer le magnifique arrière-pays du Mali. J’ai donc reporté l’écriture d’un prochain article pour ce blog après le voyage. Mais tous ceux qui abandonnent parfois leur travail pour prendre des vacances savent qu’il y a toujours du travail en retard qui les attend à leur retour. Vous comprendrez donc, cher lecteur…
Entre-temps, la température a grimpé jusqu’à 40 degrés et approche de la limite du supportable. La saison sèche porte bien son nom : les dernières mares se sont desséchées et les feuilles vertes se font rares. Les champs sont arides. Les paysans décharnés sont allongés sous un arbre, pendant que leurs femmes portent de l’eau jusqu’au potager, dans l’espoir de pouvoir vendre quelques feuilles de salade au marché. Tout le monde se plaint du prix du poisson, des tomates et des papayes. On se plait de plus en plus à rêver à la pluie.
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Hanne
Déjà 10 jours révolus. Aujourd’hui, c’est dimanche, notre unique jour de congé de la semaine. Autant dire tout de suite qu’il est fort apprécié et fort attendu.
J’ai été pour la première fois toute seule dans un camp à « village rapatrié » qui compte 243 tentes, 700 familles, près de 1800 personnes. Les tentes sont réparties sur 5 petits terrains par groupe allant d’une dizaine à un cinquantaine de tentes. Les gens étaient adorables et très réceptifs. A peine arrivée, j’avais un petit agrippé à chaque doigt. Ça m’en faisait 10 en lien direct, eux même raccordés chacun à un autre enfant. Comme si mon énergie se transmettait d’enfant en enfant. C’était assez fort comme moment.
Ce camp-là nous en a fait découvrir un autre juste derrière qui n’était pas encore vraiment répertorié. 200 tentes réparties sur 8 mini camps. Le terrain accidenté et tous les gravas empêchent l’installation régulière et uniforme. Ces 2 camps se trouvent à côté de la toute grosse décharge de Port-au-Prince (Trutière). Imaginez-vous l’état des pistes. Des tessons de bouteilles à tout va et les enfants marchant pieds nus. Chaque fois, je me crispais, mais ils ne semblent rien ressentir. On installe des latrines dans ces 2 camps et j’y retourne la semaine prochaine pour la sensibilisation.
Delphine Haïti, promotrice de la santé
Aujourd’hui, normalement, je restais à la maison pour travailler dans le calme et faire tous mes plannings et documents officiels pour la semaine prochaine. En fin de compte, j’ai dû me rendre sur un camp, cité Gérard dans le quartier Bois Neuf en plein milieu de Cité Soleil, le plus gros bidonville de Port-au-Prince. En temps normal ce ne sont pas mes camps, même si Sarthe jouxte Cité Soleil. Mais comme mon homologue devait faire la formation latrine là, je trouvais ça intéressant d’y participer. Donc, ce matin, armée de mon tableau, me voilà partie, avec mes 2 assistants, Louisito et Lesly pour une séance de sensibilisation au bon usage des latrines dans les camps. Il faut savoir qu’il a plu de 20h à 4h du mat la nuit passée. Notre contact, Pasteur Jonnhy nous avait annoncé que le camp était partiellement inondé, mais que ça ne poserait pas de problème. Arrivés sur place, on a commencé la formation, c’était super chouette, animé, interactif et tout. Et puis on a dû y mettre un terme très rapidement à cause des risques de débordement de l’eau du canal dans le camp.
Sinon, on a perdu une patiente à l’hôpital, c’était assez dur. Je ne me suis pas approchée mais les cris de ses proches étaient vraiment déchirants. Elle était déjà très salement arrangée en arrivant. La septicémie avait commencé, et malgré la tonne d’antibiotiques qu’on lui a administrée on n’y est pas arrivé. Ils attendent tellement longtemps avant de venir…
Delphine Haïti, promotrice de la santé
Doux Jésus Sainte Marie mère de dieu, Waouw ! Outre le fait que ce genre d’expressions ponctue la majorité des échanges de tous les jours avec les haïtiens, je viens de vivre un début de semaine d’une richesse extraordinaire.
Mardi, je suis allée visiter le second hôpital qui est sous ma supervision en matière de promotion santé. Il se situe dans le centre ville. Très impressionnant, il a été détruit à 95%. Même 3 mois après, il y a toujours des briquaillons dans tous les sens.
Arrivée à l’hôpital de Martissant, j’ai rencontré toute l’équipe. Beaucoup de mes collègues me demandent de l’aide pour créer des affiches de sensibilisation. On a souvent recours à des artistes locaux pour les illustrations. C’est super car on fait vivre Haïti (enfin, dans une petite mesure), et notre matériel est hyper vivant, le tout en créole (je m’améliore !). Dans une situation où beaucoup rêvent de retrouver du travail, lorsqu’on évoquait sur l’affiche les moyens mis en œuvre par chacun pour surmonter la douleur, j’ai du remplacer une image illustrant le travail (hommes brouettes et pelles à la main) par des adultes jouant au foot sans quoi, c’était couru d’avance, le lendemain, on aurait eu une file de 800 mètres d’hommes venant chercher du travail suite à « la demande » faite via l’affiche. Ça, c’est le genre de truc auxquels je dois penser en permanence.
Delphine Haïti, promotrice de la santé
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