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La lutte contre le choléra est totale

July 27th, 2009

Lundi 27 juillet, nous déplaçons les patients. Et, oh surprise, moins d’admissions. Le triage fonctionne. Les gastro-entérites et autres diarrhées sont déchargées immédiatement et par conséquent plus comptabilisées. L’épidémie s’effondre. Tant mieux. Mais la “guerre” au vibrion n’est point terminée. Trois piliers d’activités, menés de front doivent s’opérer pour en venir à bout : la prise en charge des cas (que nous effectuons), la sensibilisation à l’hygiène et la mise à disponibilité de l’eau.

A nouveau, je passe des jours à négocier ces deux ultimes volets. Pour ce dernier, une organisation internationale experte dans le domaine s’investit. Problème résolu. De l’autre, c’est moins évident. Et pas de réunions de suivi envisagées. Je me bats à nouveau diplomatiquement. A l’arraché, un meeting est organisé ce vendredi 31 juillet. La prise en charge de la sensibilisation est ainsi  approfondie et maintenant, nous savons qui s’en occupe et comment son déroulement s’opère. Afin de maintenir une efficacité (et exercer une forme de pression, mais chuuut), je propose la mise à disposition d’un expatrié pour “accompagner” ces équipes. L’idée est bienvenue. La lutte contre le choléra est totale. Déjà une belle victoire.

Entre-temps, de nombreux frets aérien me sont arrivés de Bruxelles avec du matériel d’intervention pour cette petite épidémie, qui semble déjà bien circonscrite. Mes stocks sont à nouveau complets. Me voilà déjà paré pour la prochaine intervention du genre… Bravo MSF pour la rapidité et la réactivité.

Au fil des jours, mon stress diminue. Moins de cas. La catastrophe semble évitée. Bien que le choléra soit endémique dans ce coin du monde, il est toujours important d’être vigilant et rapide dans la lutte contre lui. Evitons des morts inutiles. Et nous y sommes arrivés ! Depuis ce 07 août, plus aucune admission. Il est donc temps pour nous de nous retirer maintenant. Au passage, nous en profitons néanmoins pour organiser des formations sur cette maladie au sein de l’établissement hospitalier… pour le futur…

Mais comment sortir ? Encore une réunion qui s’impose. Et comme précédemment, je passe des heures à l’obtenir. Ce vendredi 14 août, elle est planifiée. Mais malheureusement annulée en dernier minute. Déception. Je ne perds pas espoir. Une nouvelle date se murmure… début de semaine prochaine… A suivre.

Vincent , ,

Petit à petit, l’oiseau fait son nid

July 20th, 2009

Ce lundi 20 juillet 2009, à peine remis de notre intervention éclair à Gitega, commence fort. Hé oui, lors de notre staff meeting matinal et journalier, notre logisticien, annonce, en toute simplicité et innocence, la présence de cas de choléra dans son quartier. Je prends note de l’information et immédiatement entame une investigation plus poussée. Catastrophe, il a raison ! Depuis le 08 juillet dernier, des cas de choléra sont admis dans le plus grand centre hospitalier de la capitale burundaise. Aujourd’hui, 23 patients sont enregistrés. Hé merde ! Et quelques heures plus tard, comme pour enfoncer un clou, les médias annoncent l’information.

Vite, nous devons agir. Et je cherche ainsi à m’organiser. Dring dring. Mon téléphone sonne “Bonjour, excusez-moi de vous déranger, êtes-vous bien Monsieur Vincent Lambert de Médecins Sans Frontières (MSF) ?” me demande une voie inconnue. “Oui, que puis-je pour vous” répondis-je intrigué. “Je suis le directeur des soins de l’Hôpital Prince Régent Charles (HPRC). Depuis quelques jours nous accueillons des malades présentant les symptômes cholériformes. Certains sont d’ailleurs confirmés positifs. Pouvez-vous nous aider, comme vous l’avez fait pour l’effondrement, à Gitega ?”. “Heu… oui, puis-je vous rencontrer ?”. Ok, voilà une porte d’entrée pour une future action humanitaire. Mais à peine raccroché, un autre appel me stoppe dans mon élan. Celui-ci émane du cabinet du Maire cette fois. Et même requête. Me voilà partagé, perplexe. Flatté également. C’est sympa de recevoir des doléances suite à une bonne presse, comme celle obtenue lors de notre dernière intervention mais en même temps, je suis inquiet. “Si toutes les acteurs, agences, reçoivent ce type de message, nous allons droit dans le mur, vers une catastrophe sans nom : la non-coordination humanitaire” me dis-je. Une seule solution : obtenir du Ministère de la Santé Publique (MSP), une réunion afin de rassembler tout le monde sous leur égide.

Et ainsi j’élabore ma stratégie. Je consacre donc la quasi totalité de mon temps à tenter d’obtenir cet effet, tout en douceur, discrètement, en tirant sur des leviers complexes de la diplomatie burundaise et internationale : un rendez-vous à l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), un autre avec un représentant de la Coopération Technique Belge (CTB), ancien président de MSF (ce qui facilite beaucoup) et conseiller au MSP, une visite à la Mairie, divers entretiens auprès de différents acteurs politiques locaux et des prises de contact avec d’autres personnalités influentes. Je m’éclate littéralement dans ce domaine. Mais quelle énergie cela implique. Je termine mes journées sur les rotules; à toujours peser mes mots, mon attitude,… C’est épuisant, croyez-moi !

Un coup de pouce du destin me facilite les rencontres : la soirée du 21 juillet, en l’honneur de notre fête nationale, à l’Ambassade de Belgique. Hé oui, toutes les personnalités sont présentes. Moment privilégié de discussions et de… négociations. Et petit à petit, l’oiseau fait son nid. Car, finalement, ce jeudi 23 juillet 2009,  après plusieurs journées intenses, j’obtiens gain de cause. Une stratégie se met enfin en place. Le Directeur Général et le Chef de Cabinet du MSP, lors d’une entrevue, demandent officiellement à MSF notre expertise dans ce domaine ainsi que d’assurer la prise en charge des cas, qui ne font qu’augmenter. Et aussitôt dit, aussitôt fait !

Dès le lendemain (vendredi 24 juillet), nous montons une structure dans l’enceinte de l’HPRC. Plus question que les malades suspects traversent les urgences et marchent 300 mètres à travers les pavillons de cet établissement. Non, une entrée séparée est ouverte, avec un centre complètement autonome, même au niveau de l’eau et des latrines. Une tente d’observation est installée également. Tout le week-end  passe à la mise en place de cette unité.

Vincent , ,

Vendredi choléra

April 10th, 2009

Et maintenant, retour au boulot. Ces trois premières journées sont simplement folles. Je cours dans tous les sens, prends de nombreux rendez-vous et organise plusieurs réunions avec mon équipe. Le vendredi 10 avril, c’est le pompon. Il est 17h40 et du choléra m’est annoncé dans une localité proche de notre hôpital prenant en charge les urgences obstétricales. Pas le choix je dois m’y rendre.

Vincent , ,

La mission explo choléra en photos!

October 1st, 2008

Une mission explo en 3 semaines, c’est de l’intensif à l’état pur…

Pour arriver jusqu’au lieu de notre mission au Katanga, il nous a fallu 3 jours de trajet en 4×4 qui n’étaient pas des plus tristes! Entre les embourbages et la route qui ressemblait plus à un chemin rempli de trous, on est finalement arrivés tout cassés mais supers motivés!

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Françoise , ,