Les “Bombers” remportent le tournoi HalfTime! avec panache

July 13th, 2010

Imaginez que les joueurs de l’équipe gagnante de la Coupe du Monde se soient rencontrés pour la première fois cinq jours avant le match décisif, qu’ils se soient entraînés et aient finalement remporté le titre au terme d’un parcours super convaincant… Pure fiction, n’est-ce pas ?
Et pourtant, MSF vous l’avait promis : l’initiative HalfTime ! vous proposait une alternative à la Coupe du Monde de football 2010. Et, au final, on a eu exactement ce que l’on espérait : un véritable succès !
HalfTime! a réuni à Johannesburg six équipes de joueurs séropositifs issus des quatre coins de l’Afrique australe, tandis que des matchs similaires se déroulaient un peu partout dans le monde. Cette initiative avait pour but de tirer la sonnette d’alarme face à la diminution de l’aide financière pour les traitements anti-rétroviraux, une diminution qui met des millions de vies en danger, au moment où plusieurs bailleurs de fonds se rétractent et rompent leurs engagements financiers.
Contrairement aux autres équipes du tournoi, l’équipe des « OI Bombers » (Opportunistic Infection* Bombers) n’a été réunie pour la première fois au complet que quelques jours avant le départ pour Johannesburg, à Harare au Zimbabwe. À l’entame du tournoi, tout le monde les donnait donc perdants.
Non seulement les Bombers devaient surmonter le fait qu’ils venaient de deux villes différentes distantes de 500 km – Bulawayo et Buhera, où MSF dirige des projets de traitement du VIH/SIDA –, mais ils étaient en outre séparés par la langue. Trois membres de l’équipe parlent en effet le Shona, tandis que les trois autres s’expriment en Nbedele. Malgré ces obstacles, l’équipe s’est rapidement soudée autour d’un objectif commun : rappeler au monde que la crise du VIH n’est pas terminée et que les bailleurs de fonds internationaux doivent continuer à s’engager dans le match que nous livrons contre le VIH et le SIDA.
« On n’arrête pas de me demander ce que je ressens en tant qu’entraîneur de cette équipe et si nous comptons remporter le moindre match. Je leur réponds que je prends en tout cas ce tournoi très au sérieux et que, bien sûr, nous comptons ‘gagner’. Mais ‘gagner’, c’est avant tout faire de son mieux, et c’est ce que nous allons faire », nous a confié Munyaradzi Dodho.

Pour ne pas dire adieu à la vie

La veille du tournoi, les Bombers ont dit aux autres équipes : « on va vous ‘exploser’ sur le terrain, tout comme les ARV explosent les infections opportunistes telles que la tuberculose. »
Le vendredi 2 juillet, lorsqu’ils sont montés sur le terrain pour se mesurer aux cinq autres équipes d’Afrique du Sud, du Mozambique, du Swaziland et du Zimbabwe, ils ont effectivement montré de quoi ils étaient capables !
Ils ont d’abord vaincu les « Manbinhas » du Mozambique sur un score de 2-0. Lors du match suivant, ils ont littéralement écrasé l’équipe sud-africaine « Siyaphila » par un cinglant 8-0, concrétisant ainsi leurs promesses.
Partis de zéro, les Bombers étaient maintenant des héros, devenant du même coup l’équipe à battre, plus encore que celle des « ARV Swallows », l’autre équipe zimbabwéenne pourtant désignée comme favorite au début du tournoi. Une fois qualifiés pour la finale, où ils auraient à en découdre avec les redoutables « Fluconazole Pirates » sud-africains, les Bombers avaient définitivement assis leur réputation : ils ne feraient pas de la figuration !
Finalement, les Bombers ont donc remporté cette finale, 2 buts à 1, devenant du même coup l’équipe ayant inscrit le plus grand nombre de buts (12), et montrant surtout au monde et aux bailleurs de fonds internationaux que la mi-temps, ce n’est PAS LE MOMENT D’ABANDONNER !
« Si le financement s’interrompt, je peux dire adieu à la vie. Ces bailleurs de fonds internationaux ne doivent pas se désengager et doivent continuer à nous soutenir. Et même les gouvernements africains devraient contribuer à la hauteur de leurs moyens, de façon à permettre à ces donateurs extérieurs de faire davantage et de poursuivre leurs efforts de financement », a déclaré Cloud Mapiti, défenseur de l’équipe OI Bombers.

Maureen Mazibisa, membre de l’équipe OI Bombers et Borrie La Grange, Directeur de la communication, MSF Afrique du Sud.

* Les infections opportunistes comme la tuberculose sont l’ennemi le plus dangereux pour les personnes vivant avec le VIH/SIDA. Les médicaments anti-rétroviraux permettent de combattre ces infections en renforçant la capacité de réaction des systèmes immunitaires affaiblis.

Mi-temps: le match, South Africa, afrique du sud

Football vs VIH/SIDA: échos d’une rencontre improbable à Bulawayo

July 12th, 2010

La Coupe du Monde de football 2010 est entrée dans sa phase finale et la fièvre qui s’est emparée de l’Afrique australe est toujours palpable, même au Zimbabwe, où je travaille comme infirmière pour un projet MSF de traitement du VIH/SIDA, au nord du pays hôte de la Coupe du Monde. L’enthousiasme pour cet événement est toujours présent et n’a pas faibli, malgré la déception causée par l’élimination des « Étoiles Noires » du Ghana.

Comme c’était la première fois que j’écrivais un blog, je me suis inévitablement demandé par quoi j’allais commencer. Mais après une discussion avec notre équipe mobile et le département information, éducation et communication (IEC), j’ai pris mon bâton de pèlerin pour aller interroger nos patients à propos des liens éventuels qu’ils perçoivent entre le VIH et le football. Il faut savoir par ailleurs que l’un des nombreux projets de l’IEC mis en œuvre par MSF à Bulawayo consiste à soutenir les activités récréatives mensuelles organisées par les groupes d’entraide de séropositifs.

Il y a au total 145 groupes d’entraide à Bulawayo, qui se réunissent chaque semaine. Et, une fois par mois, tous les districts (qui regroupent chacun dix de ces groupes), se réunissent pour jouer au football et au netball. MSF fournit le support logistique et matériel, ce qui comprend les ballons de football, les boissons, le transport et une trousse de secours. Nous soutenons également un programme de responsabilisation destiné à des personnes relais au sein des groupes d’entraide.

La semaine dernière, je suis donc partie à la rencontre de toutes ces personnes afin de savoir ce qu’elles pensaient du VIH, du football et de la Coupe du Monde.

Voici ce qu’ils m’ont dit :

Shedias, responsable d’un groupe d’entraide :
Shedias a suivi un traitement contre la tuberculose en 2002 et a découvert ainsi sa séropositivité.
Shedias : « Être séropositif, c’est comme un match de foot : soit on perd, soit on gagne. Moi, je suis un battant. En travaillant en équipe et en ayant une attitude positive par rapport à la vie, on peut ‘battre’ le VIH. Un des joueurs clés, c’est le gardien de but : c’est lui qui empêche le VIH de marquer des buts ! Le football, c’est aussi un jeu de rapidité. Ça bouge vite, comme le VIH, mais en jouant au football, nous pouvons aussi contribuer à la diffusion de messages importants concernant le VIH, en établissant des contacts et en partageant notre expérience ».

Junior, responsable d’un groupe d’entraide :
Junior a su qu’il était séropositif en 2006. Il a alors créé le groupe d’entraide « Victory », qui compte aujourd’hui 59 membres. Ils fabriquent des bougies, produisent du beurre de cacahuètes et ont tous un potager. L’argent issu de la vente de ces produits les aide à payer les frais de scolarité des enfants, ainsi que les médicaments destinés à traiter les infections opportunistes (ces médicaments ne sont pas toujours disponibles et ils doivent les acheter dans des pharmacies privées).
Junior : « Les médicaments anti-rétroviraux (ARV) sont comme les défenseurs d’une équipe de football. Ils empêchent les réinfections et nous aident à mener une vie sans trop de stress ».

Dick, membre d’un groupe d’entraide :
Dick a découvert sa séropositivité en 2009 et a commencé un traitement ARV en janvier 2010. Il est entraîneur de football de niveau 3 depuis 12 ans, et a contribué à la constitution d’une équipe qui a atteint le niveau national. Lorsqu’il est tombé malade, il a commencé à se retirer du football. Il a récemment fait part publiquement de sa séropositivité, ce qui l’a aidé à bien suivre son traitement ARV. Aujourd’hui, les membres de sa famille peuvent lui rappeler quand il doit prendre ses médicaments. Maintenant qu’il commence à aller mieux, il veut à nouveau plus s’impliquer dans le football.

Rencontrer des gens qui parlent ouvertement de leur séropositivité et qui la vivent de manière positive a été une expérience extrêmement enrichissante. Cela m’a convaincue que lutter contre le VIH, ce n’est pas seulement pouvoir se soigner aux ARV, c’est aussi être capable de conquérir l’aspect mental de cette maladie.

Joanne Sage est une infirmière australienne en poste actuellement à Bulawayo au Zimbabwe. Joanne a rejoint MSF en 2004 et a également travaillé au Soudan et en Ethiopie.

Mi-temps: le match, afrique du sud

Tire un but contre le sida: les photos!

July 2nd, 2010

Les hirondelles du Zimbabwe : favoris du tournoi MSF ?

July 2nd, 2010

Dès le début de la Coupe du monde 2010, l’équipe du Brésil et ses vedettes était favorite et couve toujours aujourd’hui l’espoir d’atteindre la finale et de soulever le trophée. En parallèle, c’est une solide équipe venue du Zimbabwe qui est l’une des favorites du tournoi de football Half-Time! de Médecins Sans Frontières en Afrique du Sud, dont le coup d’envoi était donné à Newtown Park, Johannesburg, ce vendredi 2 juillet.
Les ARV Swallows (Hirondelles), une équipe féminine de la municipalité d’Epworth, près de Harare, arrive en Afrique du Sud avec un palmarès impressionnant : elles ont gagné le championnat de la ligue VIH de leur pays et sont très motivées pour gagner également ici vendredi. Pour faire prendre conscience à tous de la dure bataille pour la poursuite du financement de la lutte contre le VIH/sida, des malades atteints du virus et des personnels de MSF venant de quatre pays d’Afrique Australe prendront part à Half-Time! Six équipes participent au tournoi afin de mettre à la une l’urgence toujours posée par l’épidémie de VIH/sida.
Les ARV Swallows ont été créées en 2009 par un groupe de femmes séropositives suivant un traitement à la clinique MSF d’Epworth. Elles ont décidé de former une équipe de football pour combattre deux idées reçues: que le VIH représente une condamnation à mort, et que les femmes ne savent pas jouer au football. Cette année les ARV Swallows se sont retrouvées face à un autre défi: faire comprendre au monde que l’épidémie de VIH/sida n’est pas terminée et que son traitement nécessite un financement assuré. Pour cela, elles ont dû faire quelques compromis: l’équipe a été réduite de onze à cinq joueurs, et un homme, leur coach Jonas Kapaska, a rejoint leurs rangs afin que les conditions de mixité requises pour les équipes participant à Half-Time! soient remplies.
“China” est le surnom de Janet Mpalume, l’attaquante vedette des ARV Swallows.
C’était son rêve de jouer à l’étranger et ce rêve se réalisera cette semaine à Johannesburg. “Nous nous entraînons aussi dur que nous pouvons et je suis sûre que nous allons battre les autres équipes. En jouant au foot, je me sens vivante. Ça me permet de me sentir appréciée et d’être remarquée,” raconte Janet.
Les hirondelles ont certainement les tripes et la volonté de gagner, mais seront-elles capables de faire face à l’opposition de leurs compatriotes des OI Bombers, à celle des HIV Conquerors du Swaziland, des Mambinhas du Mozambique, rapides comme l’éclair, ou des Siyaphila et des Fluconazole Pirates, les espoirs d’Afrique du Sud?
Apprenez tout ce qu’il y a à apprendre sur les équipes et le tournoi en visitant le site www.msf-halftime.info
Pour plus d’information sur les ARV Swallows visitez le site www.thepositiveladiessoccerclub.com

PK Lee, chargée de communication MSF à Johannesburg

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“J’espère qu’on noubliera pas l’Afrique du Sud après la CM”

June 29th, 2010

L’équipe d’anciens Diables Rouges qui affrontera ce vendredi une équipe de Médecins Sans Frontières, sera menée par Leo Van der Elst, l’homme dont le tir au but avait éliminé l’Espagne et propulsé la Belgique en demi-finale de la Coupe du Monde 1986. Quatre jours avant le match, Leo Van der Elst nous livre sur ce blog son regard sur le match et la campagne « Mi-Temps ».

Comment vous-êtes vous impliqué dans la campagne « Mi-Temps » ?

Leo Van der Elst : Quand on m’a demandé d’organiser un match entre d’anciens internationaux et une équipe de Médecins Sans Frontières dans le cadre de la lutte contre le sida, j’ai immédiatement accepté. J’ai moi-même plusieurs amis séropositifs et j’en parle souvent ouvertement. Je pense que nous ne pouvons pas délaisser la lutte contre le sida : nous n’en sommes qu’à la mi-parcours ! Pourtant, certains « sponsors » envisagent de réduire leurs budgets. On ne peut pas laisser passer cela.

Que représente la Coupe du Monde de football pour un pays comme l’Afrique du Sud, qui est encore confronté à de nombreux problèmes ?

Leo Van der Elst : J’espère qu’ils ne montreront pas seulement le strass et les paillettes autour du football, mais aussi les problèmes, médicaux et autres, qui affectent encore à grande échelle le pays. Certains se sentiront peut-être concernés et voudront contribuer à y remédier. J’espère que l’on n’oubliera pas l’Afrique du Sud après la Coupe du Monde et les problèmes qu’il y a là-bas.

Craignez-vous l’équipe adverse, une équipe de Médecins Sans Frontières motivée et entraînée ou pensez-vous qu’elle sera un peu tendre face à d’anciens professionnels expérimentés ?

Leo Van der Elst : En fait, on n’y pense pas. On vient surtout avec un esprit positif et pour nous amuser. Et avant tout pour porter le message qu’on n’en est encore qu’à la mi-temps de la lutte contre le sida. Nous ne pouvons pas abandonner ! Mais qui gagnera à la fin ? Nous, évidemment ! :-)))

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Les Mambinhas du Mozambique prêts à trouver le chemin des filets

June 25th, 2010

A Maputo, capitale du Mozambique, un groupe de 20 footballeurs talentueux et ambitieux venant des programmes VIH/sida de Médecins Sans Frontières (MSF) ont tout fait ces dernières semaines pour impressionner les sélectionneurs afin de participer au tournoi « HalfTime » de football à cinq, organisé par MSF à Johannesburg, en Afrique du Sud voisine, le 2 juillet.

Toutefois six d’entre eux seulement ont pu mériter le nom de « Mambinhas ». Ces trois hommes et trois femmes ont trouvé leur inspiration dans le mamba, serpent mortel, rapide comme l’éclair vivant dans les arbres. Les joueurs de l’équipe nationale de football du Mozambique, les Mambas, tirent également leur nom de ce serpent.

Le capitaine des Mambinhas, Joaquim Mutola, a été diagnostiqué séropositif en 2007. Selon lui, l’initiative HalfTime de MSF « donne une voix aux personnes d’Afrique australe atteintes du VIH et devrait inspirer ceux qui ont peur de vivre ouvertement leur séropositivité ainsi que rappeler au monde que la lutte contre le VIH n’est pas terminée. »

« La motivation principale est de prouver que les personnes séropositives peuvent faire les mêmes choses que celles qui ne le sont pas grâce aux traitements antirétroviraux (ARV) », déclare Joaquim.

Joaquim et les Mambinhas sont prêts à montrer au monde ce dont ils sont capables. Chaque samedi, ils se retrouvent pour s’entraîner et affuter leurs techniques de jeu car ils ont l’intention de gagner tous leurs matchs lorsqu’ils joueront contre les cinq autres équipes d’Afrique australe présentes au tournoi.

« Tous les joueurs sont très motivés et nous avons bien l’intention de marquer trois buts contre le VIH/sida dans chacun des matchs que nous jouerons », déclare Florência Tamele, joueuse porte-parole des Mambinhas. Florência a été diagnostiquée séropositive en 2008.

« Participer à HalfTime est notre façon de rompre le silence entourant le VIH », ajoute-t-elle. Joaquim explique que l’équipe éprouve un sentiment de grande responsabilité en représentant les Mozambicains atteints du VIH : « Cela nous donnera l’occasion de dire au monde entier que le Mozambique souffre également du VIH/sida et qu’il faut faire davantage pour combattre cette épidémie. »

Basilio Cossa, chargé de communication MSF à Maputo, Mozambique

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France-Mexique : moment magique au Swaziland

June 22nd, 2010

La famille Thwala se réunit autour de la petite radio pour écouter les commentaires : le coup d’envoi de la Coupe du Monde 2010 est donné. La fièvre qui monte dans la petite maison de quatre pièces est tellement palpable que les voisins qui passent à côté peuvent la sentir.
Comme des millions d’amateurs de football du monde entier, les Thwala attendaient impatiemment cette occasion depuis longtemps. Pour eux, cette Coupe du Monde est d’autant plus excitante que le plus grand évènement sportif au monde a lieu pour la première fois de l’histoire en Afrique. Et en Afrique du Sud voisine !
La famille Thwala vit à Jerusalem, une petite communauté rurale de la région de Shiselweni, dans la partie méridionale du Swaziland. Le petit royaume du Swaziland est enclavé entre l’Afrique du Sud et le Mozambique. C’est le pays où l’incidence de VIH/sida est la plus élevée au monde: une personne sur quatre y vit avec le VIH.

Deuxième chance

Pour le chef de famille, Jeremiah Thwala, 48 ans, ce moment représente un soulagement bienvenu face à la maladie qui l’a rongé ces deux dernières années. Il ne peut s’empêcher de penser qu’il a failli ne pas assister à ce moment historique, après être passé à deux doigts de la mort en raison d’une double infection VIH/tuberculose.
En voyant le visage excité de ses trois enfants, deux garçons adolescents et une fille, il ne peut que goûter à cette deuxième chance à la vie qui lui a été donnée.
Les antirétroviraux (ARV) et les traitements contre la tuberculose multi-résistante (MDR TB) lui ont permis de revivre. Jeremiah est l’un de ces milliers de Swazis souffrant d’une coinfection VIH et tuberculose (et dans son cas VIH/MDR TB, une forme de tuberculose bien plus mortelle et difficile à traiter).
« Les  ARV et les traitements contre la tuberculose m’ont donné une seconde chance, mais il est malheureux que ma femme ne l’ait pas eue, cette chance», regrette-t-il.
La femme de Jeremiah, Patricia Msuku, est morte en 2005 avant qu’un diagnostic n’ait pu être établi, la famille n’ayant jamais cherché une aide médicale quelconque. Tous pensaient que sa maladie était due à des pratiques de sorcellerie de la part de voisins.
Alors que beaucoup de gens en Swaziland sont morts inutilement en raison de ces croyances inexactes, bien plus sont encore vivants aujourd’hui grâce à un accès gratuit aux traitements contre le VIH et la tuberculose dans les centres de santé publics.
Jeremiah, qui est actuellement au chômage en raison de ses problèmes de santé -laquelle cependant s’améliore doucement grâce aux traitements – dit qu’il a toutes les raisons d’être reconnaissant pour toujours d’avoir pu bénéficier d’un accès aux traitements. Il a maintenant une chance de voir ses enfants grandir et de connaître son premier petit enfant.
Pour le moment il peut profiter du match France-Mexique. Un plaisir simple que beaucoup considèreraient comme acquis, mais un moment magique pour Jeremiah et ses enfants.

Lungile Dlamini, chargée de communication MSF à Mbabane, Swaziland

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Les “Conquérants du VIH” en route pour le tournoi!

June 18th, 2010

Six équipes africaines participent à la coupe du monde de football 2010… et six autres seront présentes lors du tournoi « Half-Time » organisé par MSF qui se déroulera le 2 juillet à Johannesburg ! Un tournoi pour équipes de cinq joueurs auquel participera la valeureuse équipe MSF du Swaziland.
Le Swaziland, petite nation voisine de l’Afrique du Sud, à l’Est de sa province du Gauteng, paie également un lourd tribut à l’épidémie de VIH/sida.
L’équipe du Swaziland voyagera en bus par la route N17 jusqu’à Johannesburg. Il n’y a pas de meilleur moyen pour renforcer les liens entre les joueurs ! Ceux-ci affichent déjà de grandes ambitions. Leur nom ? Les Conquérants du VIH ! Leur objectif ? Marquer au moins quinze buts dans le tournoi. Et cela fait un mois qu’ils s’entraînent pour l’événement.
Comme la plupart des équipes venant pour le tournoi, l’équipe du Swaziland est composée d’hommes et de femmes qui vivent avec le VIH/sida. Ils se sont rassemblés pour la première fois pour cet événement et souhaitent contribuer à l’appel de MSF pour que les donateurs continuent à financer les traitements pour le VIH/sida. Parmi eux, certains sont des patients qui sont devenus des employés de MSF et apprennent à d’autres patients comment mieux vivre avec leur traitement.
A deux semaines du tournoi, l’impatience nous guette à l’idée d’accueillir ces courageux Swazis en Afrique du Sud !

Pour davantage d’informations sur le travail de MSF au Swaziland, visitez:
http://www.msf.org.za/Swaziland/

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Indomptables Camerounais

June 16th, 2010

Au mois de janvier dernier, je me suis rendu au Cameroun pour réaliser un film de promotion sanitaire dont l’un des acteurs était Sylvestre, patient et employé de MSF chargé de convaincre les membres de sa communauté infectés par le VIH de se faire soigner. Sylvestre, la trentaine, est un homme au verbe discret mais il dispose d’un pouvoir magique: il est le maître de la télévision à l’hôpital d’Akonolinga, ville située dans l’Est du pays – d’autant plus quand du football est au programme. Pendant ma visite, l’équipe nationale était en compétition dans la Coupe d’Afrique des Nations, en Angola.
A l’extérieur du bâtiment hospitalier construit par Médecins Sans Frontières, une cinquantaine de patients souffrant d’ulcère de Buruli, une maladie rare de peau, étaient agglutinés autour du poste de télévision. Les cris et les exclamations fusaient à chaque occasion de but, mais leur enthousiasme ne fut pas récompensé : le Cameroun perdit le match.
Sylvestre est un vrai fan de foot. Il adore parler de son héros, Roger Milla, qui fut élu meilleur joueur du continent africain dans les années 80. Une fois par décennie, il semble que le Cameroun se lance un vrai défi, se lance à l’assaut d’une victoire improbable. Lors de la Coupe du Monde de 1990, l’équipe nationale avait créé la surprise lorsque quatre buts fantastiques de Roger Milla, alors âgé de 38 ans, l’ont propulsée en quarts de finale de la compétition – une première pour une équipe africaine. Avant cette performance, les pessimistes ne voyaient pas les équipes africaines comme de sérieux challengers. « Pas de discipline », disaient les uns. « Pas d’endurance », affirmaient les autres.

Nouveaux défis

Dix ans plus tard, le Cameroun a fait face à un autre défi, bien plus grave et important. Et MSF a joué un rôle en aidant le pays à le relever. En 2000, l’organisation a ouvert son premier programme de traitement HIV dans la capitale Yaoundé et a livré la preuve que les patients avaient saisi tout de suite l’opportunité de prolonger leur vie et pouvaient poursuivre leur traitement avec détermination.
Les pessimistes disaient alors que l’Afrique n’avait pas d’argent et pas de structures médicales, que les patients manquaient de discipline pour adhérer correctement à leur traitement.
Aujourd’hui, en 2010, les Lions Indomptables et les personnes vivant avec le VIH/sida au Cameroun font face à de nouveaux défis, les uns sur la pelouse, les autres dans leurs cliniques.
Sur le terrain vert, les Lions Indomptables sont qualifiés parmi les 32 meilleures équipes du monde. Mais dans son match contre le VIH/sida, le Cameroun a encore du chemin à faire. Aujourd’hui, seule la moitié des personnes ayant un besoin de traitement anti-rétroviral dans le pays y a accès. Pour utiliser une métaphore footballistique, pour 11 personnes présentes sur le terrain du combat contre le VIH, 11 autres attendent désespérément leur traitement sur le banc de touche. En plus, un joueur sur onze développe des résistances à son traitement et se retrouve face à l’obstacle d’un traitement de seconde ligne bien trop cher et complexe à administrer. MSF et le ministère de la Santé sont à nouveau sur le siège de l’entraîneur et tentent de démontrer que la victoire sur ce terrain-là aussi est possible.
Hier, il devait encore y avoir beaucoup de monde à se bousculer devant la télévision de Sylvestre. Le rugissement des Lions camerounais reflète bien la fierté et l’espoir d’une nation pour la victoire de leur équipe – et pour celle des personnes touchées par le VIH/sida.
Marcel Nimfuehr est chargé de communication MSF pour le Cameroun.

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Half-Time: MSF et d’ex-Diables Rouges joueront contre le sida

June 15th, 2010

Dans le cadre de la Coupe du Monde en Afrique du Sud, Médecins sans Frontières organise un match de football le 2 juillet prochain à la place Flagey, à Bruxelles, entre une équipe MSF et d’anciens Diables Rouges menés par Leo Van der Elst, demi-finaliste du Mundial mexicain de 1986.

Ce match s’inscrit dans la campagne “Half-Time”, lancée par MSF pour sensibiliser le public au risque de manque de fonds dans la lutte contre le sida. MSF constate en effet que les principaux bailleurs de fonds internationaux de la lutte contre le sida ont tendance à se désengager en plafonnant, voire en réduisant leurs dépenses pour les traitements VIH et l’achat d’antirétroviraux. L’accès aux traitements est ainsi menacé pour des millions de personnes affectées par la maladie, notamment en Afrique du Sud. Le message d’Half-Time est donc simple : dans le match contre le sida, nous n’en sommes encore qu’à la mi-temps. Des avancées ont été enregistrées, mais il ne faut pas relâcher les efforts.

Le coup d’envoi de ce match symbolique aura lieu le 2 juillet à 16h45, à la mi-temps du premier quart de finale de la Coupe du Monde programmé ce jour-là. Le public aura également l’occasion de se mesurer aux anciennes gloires du football belge et de “marquer un goal contre le sida”.

Le même jour, un tournoi sera également organisé à Johannesburg et regroupera des patients et des volontaires de MSF.

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